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Poèmes inédits

de Marcelle GERDAY

 

NUIT

La fin d’une belle et chaude journée s’estompe dans la brume ascendante colorée de bleu tandis que les autres couleurs s’affadissent. C’est à peine si l’on distingue encore les fleurs qui peu à peu s’intègrent au voile. Tout est silence et les formes se dissolvent en volutes glissantes virevoltantes. L’ombre s’intensifie en une danse mouvante. Plus rien ne vient rompre l’absolue quiétude.

Soudain, un son ténu se fait entendre sans que l’on puisse en discerner l’origine. Bientôt il se fait plus aigu. Quelques claquements lui répondent alors, puis d’étranges sonorités viennent enrichir le concert. Et l’ode à la lune monte de la terre quand enfin l’astre pale s’élève à l’horizon. Un rai de lumière caresse  une tige, s’arrête en  plissant  la surface de l’étang comme pour une reconnaissance. Le royaume bleu se teinte alors parfois de vert puis de nacarat. C’est la constante magie de la nuit qui explore à nouveau son domaine. Depuis l’aube des temps, elle renouvelle l’enchantement.

Il est des endroits où souffle encore l’esprit. Bénis par une évanescente mais forte présence, ils permettent à l’homme de se souvenir d’un autre endroit d’infinie perfection où il a connu la présence de son créateur.

 


 

QU’AI-JE APPRIS, QU’AI-JE AIME ?

J’ai appris que rien n’est jamais définitivement acquis
Que tout est passager, cyclique, le temps y compris
Que toutes civilisations passent, leur religion aussi
Que tout orgueil vain, nous sommes une pré humanité
Détruisant sciemment notre bio top en toute imbécillité
Ne disposant d’aucune autre planète pour nous abriter
Que les brillantes découvertes par la science avancées
Généralement à la destruction sont d’abord utilisées
Que l’évolution si elle n’est pas, par nous, sabordée
Un jour, peut-être demain, nous créera civilisés
Enfin sapiens, pacifiés et respectant la liberté.

J’ai aimé la tendresse et  la bonté
La sagesse, l’intelligence, la beauté
L’héroïsme, la droiture, l’honnêteté
Dieu et l’espoir mystique qu’il a porté
Mes parents, ceux qui m’ont aidé
La nature, les montagnes et l’été
Sa lumière dorée, les sites enneigés
Les forêts, les fleurs, les êtres ailés :
Oiseaux, libellules, papillons colorés
Coccinelles rouges et bourdons ambrés
Les églises et leurs rituels sacrés
Chant grégorien et chaires sculptées
Parvis flamboyants, statues marbrées
Maîtres authentiques, saintes fêtées
Les arts, la poésie, les livres préférés
La vie,  les plans vibratoires élevés.

 

Je laisse sur terre ce que j’ai le plus aimé
Et qui doit me survivre : mes enfants et leurs enfants
Puissent-ils tous y vivre heureux dans la grâce de Dieu.

 


HARMONIE

A l’avant-plan, le saule pleurait des larmes de pluie
L’horizon, dans les gris, semblait déprimer aussi
Toute la forêt, oppressée, n’émettait aucun bruit
Le malheur de la terre pesait lourd à l’infini.

Abasourdi, Jean considérait tout ceci
Se demandant pourquoi tout était terni
Par beau temps, tout paraissait si joli
Soleil et lumière évoquaient le paradis
Il se promit d’être créateur de poésie
Porteur de beauté, de bonté, d’harmonie
Pour qu’en lui se réalise la vraie vie
Et que vers tous les autres il l’irradie.


LE BLEU

Qu’il soit turquoise, indigo, nattier ou de nuit
Le bleu seul ainsi que le ciel m’épanouit
J’ai appris que le sagittaire que je suis
Ne peut totalement vibrer que par lui


ALEA JACTA EST

Notre civilisation comme les autres passera
Le cœur se fend devant ce qui s’anéantira
De l’humanité, tous  les acquis essentiels
Pure beauté qu’on voulait croire éternelle
 La création, le David de Michel Ange
 La chapelle Sixtine et  Sainte-Sophie
De Beethoven la neuvième symphonie
Mozart, Wagner, Schubert, Monteverdi,  Mahler
Shakespeare, Victor Hugo, Kant et Voltaire
Les œuvres des plus grands esprits anéanties
Au même instant que notre cadre de vie
Les forêts, les volcans et leurs étincelles
Les roches, les animaux et les mers si belles
Les alpages, les ruisseaux et les ruelles
L’humain a  bien aidé l’inexorable temps
Quel sera le jugement du  phylum suivant ?

NB : phylum = lignée génétique complexe d’espèces vivantes


QU’EMPORTERAI-JE ?

Qu’emporterai-je dès que je vais m’en aller
Déjà vers un plan vibratoire plus élevé
Le parfum d’une rose, le rire d’un nouveau-né
Une goutte d’eau irisée ou un son modulé
La chaude étreinte d’une mère aimée,
La tendre protection d’un père attentionné
Un discours, voire un serment passionné
L’ensoleillement doré d’un paysage d’été
Une montagne  de neige immaculée
Un rayon de lumière, un dernier baiser
Je veux garder  une vraie curiosité
De tout ce qui est vie, énergie,  beauté
Connaissance essentielle et totale unité
Au cours de ce passage terrestre imposé
En peu de temps qu’ai-je appris, qu’ai-je aimé


Source: Anonyme...www.lespasseurs.com



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