Un patch pour doper la libido des femmes ménopausées
vendredi 22 octobre 2004 : Santé : #142
L'Intrinsa sera-t-il promu à un aussi bel avenir que le Viagra? S'il est un peu tôt pour se prononcer, les premiers résultats d'une étude réalisée sur six mois auprès de 549 femmes âgées de 54 ans en moyenne se sont avérés plutôt prometteurs pour ce patch à la testostérone, censé doper la libido féminine.
Comment donc? Hormone généralement associée aux pulsions sexuelles masculines, la testostérone joue également un rôle au niveau des performances sexuelles des femmes moins jeunes. Sachant que la ménopause entraîne une baisse du taux de testostérone, chute qui est à l'origine de la diminution progressive de la libido, d'aucuns ont planché sur des moyens de remédier à ce «petit» désagrément.
Ainsi la société Procter & Gamble, en partenariat avec les laboratoires Watson, travaille-t-elle depuis quelques années à la mise au point d'un timbre transdermique à la testostérone destiné à augmenter l'appétence sexuelle de ces dames.
C'est ainsi que de charmantes volontaires ménopausées, se plaignant de leur baisse de libido, ont eu la curiosité de tester cet obscur objet de plaisir, un patch transparent, de la taille d'un oeuf, qui s'applique, deux fois par semaine, sous le nombril. Au terme de l'étude, dont les résultats viennent d'être rendus publics à l'occasion d'une conférence rassemblant à Philadelphie des spécialistes de la stérilité, il est apparu que, par rapport au groupe ayant eu un patch sans substance active, ou placebo, les femmes ayant bénéficié d'Intrinsa ont eu environ quatre fois plus de relations sexuelles que ce qu'elles avaient en général en deux mois. Mieux encore, les femmes qui ont reçu le patch à la testostérone ont fait état de plus d'excitation, de plaisir et d'orgasmes.
«Nous avons constaté une hausse de l'activité, une hausse du désir et une baisse de la douleur», devait effectivement affirmer le Dr Robin Kroll, un gynécologue de Seattle, lors de l'annonce des résultats de cette étude réalisée à Seattle, Denver, Boston, au Canada et en Australie.
«Le patch de testostérone semble très prometteur, a pour sa part déclaré le Dr Marian Damewood, gynécologue à l'université de Pennsylvanie, qui voit dans ce timbre une possible réponse à ce que les femmes recherchent pour la baisse de leur libido après la ménopause. Un marché à grand potentiel auquel de nombreux laboratoires s'intéressent, qu'ils travaillent à la mise au point de pilules, appareils à piles, crèmes... et l'on en passe sûrement.
Laurence Dardenne
© La Libre Belgique 2004

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