Des langues autochtones en danger
lundi 25 octobre 2004 : Général : #148
Si le gouvernement n'intervient pas, plusieurs langues autochtones du pays pourraient disparaître en une génération, ont affirmé des participants à une conférence sur le sujet dimanche, à Saint-Sauveur, dans les Laurentides.
«Nous devons préserver et revitaliser ces langues, a déclaré la coordonnatrice de la Deuxième Conférence sur les langues autochtones, Thanissa Laine. Aucune loi ne protège les langues en voie d'extinction au Canada, mais il y a des lois pour protéger les animaux en voie de disparition.»
Pas moins de 47 des 50 langues autochtones du pays pourraient disparaître en une ou deux générations. Également, le cri, l'ojibwa et l'inuktitut disposent d'un bassin suffisant de locuteurs pour se maintenir durant quatre ou cinq générations, mais pour la suite, rien n'est sûr, à moins qu'on agisse, a prévenu la directrice du conseil de l'éducation des Premières Nations du Québec, Lise Bastien.
Environ 150 participants originaires du Canada et des États-Unis discuteront jusqu'à mardi des langues menacées et des moyens de les protéger.
Mme Bastien a dit que des communautés avaient remporté des victoires à court terme en dispensant l'enseignement au primaire en tout ou en partie dans la langue du groupe, ou encore en intégrant les aînés aux activités des enfants, afin que la langue soit transmise naturellement.
Mais des progrès dans un horizon plus lointain ne sont envisageables qu'avec une action gouvernementale, a-t-elle rappelé.
«La vigueur des cultures des communautés autochtones passe par les langues, a-t-elle énoncé. Le gouvernement devrait prendre un engagement financier et reconnaître officiellement les langues. Elles devraient être appuyées par des politiques permanentes.»
Thanissa Laine a ajouté que la préservation de ces langues s'avérait être une lutte de tous les instants dans le contexte de la «culture dominante de la mondialisation et de l'assimilation». Elle a dit toutefois demeurer optimiste.
«Les gens sont désormais plus sensibles à la question qu'ils l'étaient il y a une ou deux générations. C'est mon constat positif, mais il reste beaucoup de travail à faire.»
D'autres participants ont par ailleurs évoqué que la culture du multiculturalisme et du bilinguisme répandue au Canada facilitera la survie à long terme des langues autochtones.
«(Ici) nous savons apprécier l'importance de la langue», a commenté le professeur Arpi Hamalian, de l'université Concordia, membre d'un comité de l'UNESCO.
Source: Presse Canadienne (PC)
Eilis Quinn 25/10/2004

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