Le chemin de fer de la fin du tibet
jeudi 11 novembre 2004 : Travail planétaire : #161
Erling Hoh, journaliste d'investigation, confirme les risques induits par la construction pharaonique d'une ligne de chemin de fer qui reliera la Chine au Tibet.
Parcourant 1 118 km, la ligne reliera en 2007 la ville de garnison de Gormo, dans l'Amdo (en chinois : Golmud, région du Qinghai) à Lhassa. Coût officiel: 3.2 milliards d'euro, plus des deux tiers de la ligne à plus de 4.500 m d'altitude; 550 km sur le permafrost.
Avec cette ligne, les trains relieront Pékin à Lhassa en 48 h, en compartiments pressurisés pour compenser l'altitude. En réalité, c'est simplement un autre moyen d'annexion du Tibet par Pékin. D'ailleurs, quasiment aucun Tibétain n'est admis sur le chantier. Quand la ligne sera finie, près de 16 trains par jour voyageront entre Gormo et Lhassa, apportant 5 millions de tonnes de marchandises vers le Tibet tous les ans et soutirant 2.8 millions de tonnes vers Pékin.
Pensez donc, ces dernières années, plus d'un million de tonnes de cuivre et 20.000 tonnes de cobalt ont été découvertes sur le chantier. Pékin attend aussi 900.000 touristes supplémentaires. Pourtant, Robbie Barnett, Tibétologue d'une université américaine, qualifie la politique de Pékin au Tibet de Keynésienne "soutenant la croissance économique sans productivité réelle. Les économistes Internationaux se laissent prendre pourtant étonnamment bien."
Tandis que les villes du Tibet ressentent la croissance, les campagnes se paupérisent. Pourtant le budget du chemin de fer représente plus de 3 fois les dépenses de Pékin pour la santé et l'éducation au Tibet en 50 ans. Conséquence: en 1999 le taux d'analphabétisme du Tibet est de 67 %, comparé à la moyenne chinoise de 11 %.
Le chemin de fer accéléra aussi la migration des Han au Tibet. Barnett explique qu'en public " les Tibétains n'exprimeront aucune critique. Mais en privé, ils vous diront que c'est la fin de Tibet." Entre 1912 et 1949, la population de Han de Mongolie intérieure a été multipliée par cinq.
Des millions sont arrivés après la construction du chemin de fer dans les années 20, et en 49, les Mongols devinrent 11 fois moins nombreux que les Han. Le même processus a eu lieu en Manchourie. Urumqi, la capitale du Turkestan oriental, est maintenant une ville Han, et à Kachgar, la population de Han a augmenté de 30 % en 2001, l'année où la ligne de chemin de fer fut achevée.
Le gouvernement tibétain en exil estime que "le chemin de fer facilitera le contrôle chinois du Tibet et entraînera l'arrivée de nombreux migrants chinois". Certains voisins de la Chine, comme l'Inde, regardent aussi le chemin de fer avec inquiétude en raison des implications militaires. Il pourrait être employé pour renforcer la présence militaire déjà lourde de la Chine au Tibet, y compris dans sa capacité à déployer des armes nucléaires tactiques.
Site Web: http://www.tibet.fr/

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