Absence de contrôle. Pour les organisations militant pour une meilleure alimentation, cette affaire est une parfaite illustration de l'absence de contrôle sur la chaîne alimentaire aux Etats-Unis. «Dans ce cas-là, il n'y a heureusement pas de danger pour la santé. Mais le fait qu'un produit illégal ait pu être distribué pendant si longtemps pose un sérieux problème. La technologie des OGM a besoin d'une véritable surveillance gouvernementale, qui ne doit pas se limiter à un feu vert initial», commente Greg Jaffe, responsable des biotechnologies au Center for Science in the Public Interest. Les deux tiers du maïs américain nourrissent les animaux, mais un tiers atterrit dans les assiettes.

Communication. Syngenta, qui risque une amende de 500 000 dollars (385 000 euros), a découvert l'erreur en décembre 2004, lors de l'introduction d'un nouveau contrôle de qualité de l'ADN des produits. Elle a, jure-t-elle, aussitôt prévenu les autorités : l'Agence de l'environnement, la Food and Drug Administration, le département de l'Agriculture... Visiblement, les autorités fédérales et la firme ont pris du temps pour mettre en place une communication de crise sur l'affaire. La Maison Blanche, selon Nature, aurait même été impliquée dans ces discussions, à cause du risque de voir cette «erreur» envenimer les relations commerciales internationales. Une partie du maïs illégal a en effet été exportée, mais Syngenta ne précise pas vers quels pays.

(1) Dans notre édition du 23 mars, nous avions inversé le maïs autorisé (BT11) et celui qui ne l'est pas (BT10).


Source
http://www.liberation.fr/page.php?Article=285064