James Hansen, chef de l’étude et éminent climatologue à la NASA, décrit les résultats de cette recherche sur l’échange déséquilibré d’énergie de la planète comme la «fumée qui annonce le feu»: ces résultats devraient enfin dissiper tout doute subsistant sur les prévisions sur les changements climatiques. Un expert européen a qualifié cette recherche d’ajout précieux à la documentation dur le sujet.

L’équipe du chercheur Hansen a aussi déclaré au journal Science qu'ils ont déterminé que la température globale grimpera d’un degré Fahrenheit (.555 degré Celsius) au cours du siècle, même si les gaz à effet de serre étaient sérieusement diminués dès aujourd’hui.

«Si le taux dioxyde de carbone et d’autres émissions de gaz qui emprisonnent la chaleur au sein de l’atmosphère continuent plutôt de grimper comme prévu, les choses pourraient devenir plus catastrophiques;» les chercheurs évoquent des scénarios très plausibles d’élévation dramatique du niveau des océans, résultant de la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique. Des experts internationaux prédisent également un bond extraordinaire de la température de l'ordre de 10 degrés à l’échelle Fahrenheit (5.55 C), dans le pire des cas.

Encadrés par la NASA, les chercheurs ont pu mesurer le déséquilibre énergétique de la Terre grâce à des relevés plus précis des océans. Les chercheurs ont en effet pu profiter de quelque 1 800 engins flotteurs équipés de toute la technologie nécessaire; déployés sur les mers de toute la surface du globe depuis l’an 2000, ils font partie d’un effort international de surveillance appelé Argo. Ces petits robots flottants plongent régulièrement jusqu’à 1,6 kilomètres de profondeur pour prendre des relevés de la température et d’autres paramètres.

Les mesures recueillies sont également mieux traitées, grâce à une meilleure capacité des satellites à jauger correctement le niveau de la mer. Celui-ci s'élève tant par la fonte des glaces que par le réchauffement de l’eau et de son expansion subséquente.

Avec ces données en main, les chercheurs ont pu calculer la quantité de chaleur des océans et le déséquilibre énergétique général. Ils ont découvert que pour chaque mètre carré de surface, la planète absorbe près d’un watt (0,85) de plus d’énergie du soleil qu’elle n’en émet en retour vers l’espace.

Nous serions donc face à un déséquilibre aux proportions historiques. Tant d’énergie absorbée réchauffera graduellement l’atmosphère.

Ce chiffre de 0,85 watt correspond d’assez près au déséquilibre énergétique prévu par les chercheurs avec les simulations de changements climatiques de leur super ordinateur, détaille le rapport.

Ces modèles scientifiques tiennent compte des gaz à effet de serre de l’atmosphère, dont le dioxyde de carbone, le méthane et d’autres gaz émanant de toutes sources, des automobiles en passant par les fermes d'élevage de cochons. Les gaz accumulés empêchent la chaleur de s’échapper vers l’espace. Les chercheurs ont remarqué que les émissions de gaz à effet de serre se sont accrues à un rythme correspondant à celui du déséquilibre énergétique détecté.

«Plus de doute possible: les gaz produits par les humains sont la cause dominante du réchauffement observé,» de dire M. Hansen, directeur de l’institut Godard pour l’étude de l’espace de la NASA, au Earth Institute de l’université Columbia. «Ce déséquilibre énergétique est la piste que nous cherchions.»

Quatorze autres spécialistes de la NASA, de l’université Columbia et du Département de l’énergie, ont collaboré à la réalisation de l’étude.

Des chercheurs ont découvert d’autres «pistes» menant aux causes et aux preuves du réchauffement global au cours des dernières années, mais Klaus Hasselmann, un éminent climatologue allemand, a accueilli avec satisfaction le travail innovateur de l’équipe de Hansen sur le déséquilibre énergétique. «Voilà des données précieuses qui supportent la théorie que les changements climatiques sont l’œuvre de l'homme,» a-t-il déclaré à Associated Press.

En plus de faire monter le niveau des océans, on s’attend à ce que le réchauffement global intensifie les tempêtes, répandent des maladies dans de nouvelles régions et cause le déplacement de zones climatiques, ce qui assécherait possiblement des terres agricoles et irriguerait des déserts.

Associated Press (AP) Charles J.
http://www2.canoe.com/techno/nouvelles/archives/2005/04/20050429-142619.html