«On est en train de mettre en place une nouvelle politique qui utilise la rhétorique de la liberté et de la justice pour faire régner la peur et l'insécurité», a accusé Irene Khan, secrétaire générale d'Amnistie, organisation de défense des droits humains basée à Londres, en évoquant la guerre menée contre le terrorisme.

«Et certains cherchent, avec un cynisme parfait, à imposer une nouvelle définition, édulcorée, de la torture», afin de pouvoir s'affranchir de l'interdiction totale visant actuellement cette technique d'interrogatoire, a-t-elle souligné, visant directement les États-Unis.

«Un énorme fossé sépare les discours de la réalité», a accusé Amnistie, dans son rapport de 308 pages qui détaille les violations des droits de l'homme dans 131 pays.

L'ONG a ainsi souligné comment les autorités américaines se drapent dans les idéaux de «justice et de liberté» alors que dans le même temps plusieurs de ses soldats ont été accusés de torture et de mauvais traitements, que ce soit dans la prison irakienne d'Abou Ghraib ou à Guantanamo (Cuba). Le tout sans «enquête approfondie et indépendante».

Olivier Lucazeau

Agence France-Presse/Londres