XXVe Congrès international de Tours sur la population
jeudi 21 juillet 2005 : Santé : #587
Le XXVe Congrès international de la population se tiens à Tours, au Centre de conférences le Vinci, du 18 au 23 juillet 2005,
Les conséquences démographiques du réchauffement climatique pourraient aboutir au XXIè siècle "à la fin du monde tel que nous l'avons connu", prédit le professeur Tim Dyson, qui doit intervenir mardi au Congrès international de Tours sur la population.
"Si nos enfants et nos petits-enfants ne connaîtront peut-être pas la fin du monde, ils pourraient très bien être confrontés à la fin du monde que nous avons connu", affirme ce professeur de la prestigieuse London School of Economics (LSE, Londres) dans sa contribution écrite.
A l'appui de sa démonstration, M. Dyson rappelle quelques certitudes, tout en laissant une part au doute.
La population mondiale devrait passer d'après les Nations unies de 6,5 milliards d'habitants en 2005 à un peu moins de neuf milliards en 2050.
M. Dyson estime que cette croissance de la population va entraîner une hausse de 27% des émissions de CO2, cause directe d'après les scientifiques du réchauffement climatique, après une précédente hausse de 400% entre 1950 et 2000.
Le professeur envisage un réchauffement "de 1,6 à 6,6 degrés Celsius d'ici 2100". "Dans un monde de peut-être neuf milliards de personnes, les changements défavorables pourraient intervenir sur plusieurs fronts à la fois avec une cumulation d'effets négatifs", poursuit-il.
"Par exemple, l'inondation des zones côtières, qui pourrait résulter en partie de la hausse du niveau de la mer et en partie de chutes de pluies plus importantes, pourrait conduire à une diminution des terres cultivées et des infrastructures urbaines, entraînant une hausse du prix de la nourriture, une migration à grande échelle, et probablement des troubles socio-politiques".
Pour M. Tyson, les populations et les pouvoirs publics font l'autruche face à ces menaces, avec des attitudes de déni ou d'évitement, au lieu de mettre en question les bases d'une croissance économique reposant en grande partie sur la consommation d'hydrocarbures (pétrole, charbon, gaz naturel) à l'origine des émissions de CO2.
Le professeur se montre très sceptique sur les effets du protocole de Kyoto, qui vise à limiter les émissions polluantes, les Etats-Unis faisant, selon lui, tout pour saboter le processus, notamment en refusant de le signer.
"Un parallèle peut être fait avec le sida", écrit-il. "Cinq ans après l'identification (du virus), tous les modes de transmission étaient connus, le virus était isolé, des tests avaient été développés, et les premiers anti-rétroviraux étaient disponibles. Et pourtant, le déni et l'évitement étaient fréquents -ils le sont toujours-. Résultat: quelque 60 millions de personnes sont soit mortes soit ont été infectées par cette maladie".
"Les gens ne changent leur comportement sexuel que quand la preuve des dégâts est irréfutable", ajoute-t-il. De la même manière, M. Dyson estime que "les gens ne changeront leur attitude que lorsqu'ils expérimenteront par eux-mêmes des phénomènes météorologiques très néfastes".

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