Cette technique, pratiquée par des physiatres et des radiologistes, est uniquement offerte à Montréal et encore peu utilisée au Canada. Elle n'est pas remboursée par la RAMQ.

Le département de radiologie du CHUM assume les coûts pour les patients qu'on y traite à même son budget et la CSST paye les cas traités dans une clinique médicale privée de Montréal, l'Institut de physiatrie du Québec.

Contrairement à la chirurgie, la technique n'exige pas d'hospitalisation et la convalescence se résume à des traitements de physiothérapie et au port d'un corset durant six à huit semaines.

En raison de son efficacité - de 30 à 40 % de guérison chez les sujets bien choisis - , cette thermoplastie devrait être offerte dans d'autres hôpitaux universitaires au Québec, croit l'Agence.
«... l'absence d'autres traitements éprouvés milite en faveur de l'attribution d'un statut innovateur (plutôt qu'expérimental) à la thermoplastie annulaire pour le traitement des lombalgies d'origine discale réfractaires», écrivent les auteurs du rapport de l'AETMIS rendu public hier.

La thermoplastie annulaire consiste à introduire sous la peau, sous anesthésie locale et sous contrôle fluoroscopique, un cathéter dans le disque de la vertèbre qui cause la douleur. Un élément chauffant au bout du cathéter augmente la température jusqu'à 90 degrés Celsius, pendant 17 minutes.

Malgré ses avantages, la technique n'est pas simple, explique le Dr Rener Bankin, médecin et chercheur dans ce dossier. «Il faut bien positionner le cathéter entre les deux vertèbres, juste à l'extérieur. C'est une technique très, très spécialisée.»

À la connaissance du Dr Bankin, seuls deux médecins montréalais la pratiquent. Un physiatre de Québec, le Dr Alain Baribault, est au courant de l'existence de la technique mais s'est senti mal à l'aise d'en parler au SOLEIL, parce qu'il ne la pratique pas.

Le rapport de l'AETMIS précise d'ailleurs que «la décision d'inclure cette technologie dans les services assurés devrait être conditionnelle à son utilisation par des médecins bien formés...»

Avant de pratiquer la thermoplastie annulaire, il faut effectuer une discographie de provocation afin de voir exactement quelle vertèbre a besoin d'être chauffée. Ce test peut provoquer des infections et causer des douleurs «réversibles dans la plupart des cas».

Les sujets à qui l'on propose la technique doivent être choisis avec soin, selon le Dr Bankin. L'âge et l'absence de hernie comptent parmi les critères.

Jusqu'à maintenant, une vingtaine de patients souffrant de lombalgie discale ont été traités au Québec. «Des 35 000 patients qui font des réclamations pour un mal de dos à chaque année à la CSST, une dizaine sont traités par thermoplastie annulaire. Un patient sur quatre a obtenu d'excellents résultats avec la technique», dit-il.

La thermoplastie annulaire est une technique prometteuse. Mais comme elle est encore peu pratiquée, le Dr Bankin souhaite que tous les cas pratiqués soient enregistrés afin d'en déterminer l'efficacité clinique.

«On pense que la thermoplastie vaut la peine, parce qu'en ce moment, on n'a rien d'autre à offrir que la chirurgie, une intervention majeure, pour laquelle on n'a pas de preuve que ça marche», précise le Dr Bankin.

Louise Lemieux
Le Soleil
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