De l'Australie aux États-Unis, les biologistes ont constaté que le nombre d'espèces a chuté dans des secteurs reconnus jadis pour leur richesse marine. Là où les pêcheurs pouvaient prendre 20 espèces ou plus de poissons il y a 50 ans, ils n'en trouvent plus que cinq ou dix aujourd'hui, ajoute l'étude dont les conclusions sont publiées dans le numéro de jeudi du magazine Science.

«On assiste à un désastre au ralenti sur les deux tiers de la surface de la planète, affirme Boris Worm, l'un de auteurs de la recherche. C'est le plus grand écosystème au monde et il est en train de s'écrouler sous nos yeux sans qu'on réagisse.»

M. Worm et son équipe ont analysé les données de 50 ans de pêches par les chalutiers japonais et de 15 ans de recherche par les scientifiques américains et australiens.

Tous les poissons sont touchés et en particulier les grosses espèces, comme le thon, le makaire et l'espadon, qui ont connu une chute de 50 pour cent quant à leur diversité depuis 50 ans.

D'autre part, les changements climatiques, qui affectent la température de surface des océans, affectent aussi les populations de poissons. Ainsi, la température de l'eau dans des secteurs où les gros poissons se rassemblaient jadis n'est peut-être plus à leur goût ce qui expliquerait en partie pourquoi ils les ont désertés.

Selon M. Worm, si la tendance se poursuit, les pêcheurs ne trouveront plus de poisson et certaines espèces pourraient disparaître.

«La conclusion, c'est qu'une réduction de la diversité des espèces rend les océans moins productifs, les stocks sont moins capables de s'adapter aux changements climatiques et plus vulnérables à un effondrement,» affirme M. Worm.

Presse Canadienne (PC)
http://www.canoe.com/techno/nouvelles/archives/2005/07/20050728-213825.html