Une pile en papier qui génère de l'électricité à partir de l'urine
lundi 22 août 2005 : Santé : #641
Des physiciens de Singapour sont parvenus à créer la première pile en papier qui génère de l’électricité à partir de l’urine.
Cette nouvelle pile sera la source d’énergie idéale pour des trousses jetables et peu dispendieuses pour le dépistage de problèmes de santé comme le diabète.
La recherche a été publiée la semaine dernière dans le Journal of Micromechanics and Microengineering.
Diverses équipes de recherche à travers le monde s’efforcent de réaliser des «bio-puces» toujours plus petites, pouvant dépister une variété de maladies, fournir des résultats instantanés et être produites en masse à peu de frais.
Jusqu’à maintenant cependant, personne n’était parvenu à surmonter l’obstacle posé par le besoin d’une source d’énergie aussi petite et peu dispendieuse que la technologie de dépistage elle-même.
Menée par le docteur Ki Bang Lee, une équipe de chercheurs de l’IBN (Institute of Bioengineering and Nanotechnology) à Singapour a développé une pile en papier qui est petite et de fabrication peu dispendieuse. Celle-ci utilise le fluide servant au dépistage (l’urine) comme source d’énergie pour l’appareil.
La composition chimique de l’urine sert souvent de méthode de dépistage de diverses maladies; elle est également un bon indicateur de l’état de santé général d’une personne. Par exemple, la concentration de glucose dans l’urine est un outil de diagnostic utile dans le cas du diabète.
M. Lee s’imagine un monde où l’on pourrait facilement surveiller sa propre santé à la maison. Cela se ferait à l’aide de trousses de dépistage jetables qui ne nécessiteraient pas de piles au lithium ou de sources d’énergies externes.
Le docteur Lee a déclaré que l’équipe travaillait à la réalisation de bio-puces abordables de la taille d’une carte de crédit, pour le dépistage d’une variété de maladies.
La pile réalisée par son équipe peut facilement être intégrée à de tels appareils de détection médicale, fournissant de l’énergie au contact d’un fluide biologique tel l’urine.
La pile est constituée d’une couche de papier imbibée de chlorure de cuivre (CuCl), qui est insérée entre des lanières de magnésium et de cuivre. Ce «sandwich» est ensuite maintenu en place par un procédé de laminage. Cela implique de passer le tout entre deux pellicules de plastique transparent, que l’on introduit ensuite dans un rouleau chauffant à une température de 120ºC.
Le produit final mesure 60 mm x 30 mm pour une épaisseur d’à peine 1 mm (la pile est un petit peu plus petite qu’une carte de crédit).
Lorsqu'une goutte d'urine est ajoutée au papier par une fente dans l'enveloppe de plastique, une réation chimique se produit, générant de l'électricité.
Le prototype de la pile produit environ 1,5 volt, comme les piles AA ordinaires, et peut fonctionner pendant approximativement 90 minutes.
Les chercheurs ont indiqué que la puissance, le voltage et la durée de vie de la pile peuvent être améliorés en ajustant la géométrie des matériaux employés.
L'urine contient beaucoup d'ions (atomes chargés électriquement) qui sont responsables de la réaction chimique génèrant de l'électricité dans cette pile.
D'autres liquides corporels, comme les larmes, le sang, la salive et le sperme, parviendraient tout aussi bien à activer la pile.
L'on ne peut qu'imaginer la révolution à venir dans le monde de l'électronique...
D'après Medical News Today et National Geopgraphic
http://www2.canoe.com/techno/nouvelles/archives/2005/08/20050821-220218.html

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