«Cette tempête est dans une catégorie à part», affirme David Boteler, un scientifique du ministère fédéral des Ressources naturelles.

La tempête trouve son origine dans une énorme éruption solaire qui a lancé une vague d'électrons et de protons vers la Terre lundi après-midi à une vitesse de 1644 kilomètres à la seconde, soit quatre à cinq fois plus rapide qu'à l'ordinaire.

«Elle a atteint la Terre tout juste après minuit mercredi, explique M. Boteler, qui travaille à la Commission géologique du Canada, laquelle étudie ce genre de phénomène. Ceux qui ont pu observer le ciel à ce moment ont d voir de très belles aurores boréales.»

Le soleil est constamment en éruption, ce qui donne naissance à un vent de particules atomiques qui se dispersent dans tous les sens. Parfois, le champ magnétique du Soleil emprisonne ces particules, qui éventuellement sont relâchées tout d'un coup comme une bourrasque de vent. Quand ils atteignent le champ magnétique terrestre, ces particules s'orientent selon leur charge vers le pôle Nord ou le pôle Sud, ce qui donne les aurores boréales et australes.

Mais le champs magnétique terrestre ne fait pas que donner de beaux spectacles dans le ciel, il protège aussi les êtres vivants du puissant bombardement de particules nucléaires provenant du Soleil.

Il n'en va pas de même pour les réseaux d'électricité terrestres, les satellites artificiels, incluant les satellites de communications, ou les astronautes en orbite qui ne sont pas suffisamment protégés.

En mars 1989, une tempête géomagnétique avait fait sauter le réseau d'Hydro-Québec de la baie James à Montréal, provoquant une panne de courant qui avait affecté près de six millions de personnes.

Une autre tempête, en 1994, avait grillé les circuits du satellite de communications canadien Anik E-1, d'une valeur de 296M$, ce qui avait perturbé les communications vidéo, radio et les transmissions de données informatiques.

Cette fois cependant, la tempête géomagnétique ne semble pas avoir causé de dommages, selon la Commission géologique du Canada.

Depuis 1989, les lignes de transmission électrique et les satellites ont été renforcés pour prévenir une nouvelle surcharge de courant résultant d'une tempête géomagnétique.

Par contre, nombre de nouveaux satellites fonctionnent désormais avec des composantes électroniques moins énergivores, ce qui, en principe, réduit leur tolérance face aux surcharges.

Presse Canadienne (PC)