Les Québécois inquiets de voir la Terre se réchauffer
vendredi 14 octobre 2005 : Environnement : #740
Les Québécois sont inquiets de voir leur planète se réchauffer. Tellement qu'une majorité d'entre eux seraient prêts à verser 1% de leur salaire pour lutter contre le réchauffement climatique.
C'est ce que révèle un sondage CROP-La Presse effectué à la mi-septembre auprès de 1003 répondants. L'exercice permet de prendre le pouls de la population alors que s'ouvrira à Montréal la conférence des Nations unies sur les changements climatiques le mois prochain. En outre, à compter de demain et jusqu'à lundi, La Presse publie un dossier sur le sujet intitulé La planète a chaud.
«Rarement a-t-on vu une préoccupation aussi forte dans un sondage», commente Louis-Philippe Barbeau, vice-président de CROP, la firme qui a mené ce sondage, précis à trois points de pourcentage près, 19 fois sur 20.
Trois Québécois sur quatre (76%) se disent inquiets du réchauffement de la planète. Parmi eux, 45% le sont «énormément» ou «beaucoup». «Ça fait beaucoup de monde à l'échelle du Québec», souligne M. Barbeau.
Lorsqu'on leur demande s'ils consentiraient à verser une taxe correspondant à 1% de leur salaire si elle était entièrement consacrée à la lutte contre le réchauffement, 57% répondent par l'affirmative. Chez les 18-34 ans, la proportion grimpe à 69%.
«Les gens ne se mettent pas nécessairement à faire le calcul de ce que ça représente», avertit par contre M. Barbeau. Selon lui, un gouvernement qui tenterait d'imposer une taxe semblable se heurterait à un autre obstacle: le manque de confiance de ses citoyens. «Ce qui freinerait les gens, c'est la crainte que les fonds ne soient pas entièrement consacrés à la cause», croit-il.
Le sondage a été réalisé du 15 au 25 septembre, alors les températures d'été réchauffaient encore le Québec et que les dégâts causés par l'ouragan Katrina étaient bien frais en mémoire.
«Tout cela a probablement fait dire aux gens que nos prophètes scientifiques étaient peut-être des prophètes réalistes quand ils ont commencé à parler du réchauffement planétaire, il y a quelques années», souligne M. Barbeau.
À qui la faute?
On a également demandé aux répondants de quantifier la responsabilité de l'homme dans les changements observés. Résultat: les dégâts sont causés à 71% par les activités humaines, selon la moyenne des réponses obtenues. «Une position qui s'éloigne de celle que défend, par exemple, un certain gouvernement voisin», dit M. Barbeau, faisant allusion au fait que le président des États-Unis, George W. Bush, n'a pas reconnu avant cet été la responsabilité de l'homme dans les changements climatiques.
Quant à savoir qui peut renverser la vapeur, les répondants désignent d'abord les industries (35%), le gouvernement (21%) et les individus eux-mêmes (15%). La grande majorité des Québécois (78%) croient qu'ils peuvent faire quelque chose pour contribuer à la réduction des gaz à effet de serre. Mais si rien n'est fait ailleurs, les actions prises au Canada seront sans grand effet, croient-ils dans une proportion de 63%.
Le quart des Québécois clament que le monde s'en va vers la catastrophe. Un énoncé surtout approuvé par les gens plus âgés et les moins scolarisés.
«Les personnes moins scolarisées et les gens âgés sont davantage portés vers le fatalisme, observe M. Barbeau. C'est également une raison pour ne pas agir. La bonne nouvelle, c'est qu'il y a beaucoup de monde derrière, et particulièrement les plus jeunes, qui voient qu'il se passe quelque chose d'important et qui veulent s'impliquer.»
Philippe Mercure
La Presse
http://www.cyberpresse.ca/actualites/article/article_complet.php?path=/actualites/article/14/1,63,0,102005,1191229.php

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