«Nous faisons front commun avec la France, moteur dans ce dossier, et avec l'Union européenne, unanime, pour que cette Convention sur laquelle nous travaillons depuis cinq ans aboutisse, malgré l'opposition des Américains», a déclaré Mme Liza Frulla.

Le texte, d'une quarantaine de pages et de 30 articles, devrait être soumis au vote des pays de l'UNESCO mercredi ou jeudi à Paris. Il a pour objet principal d'affranchir les diverses «expressions culturelles», des règles régissant le Commerce international.

Il y a «un consensus quasi-historique» pour l'adoption de cette Convention, malgré l'attitude des États-Unis et les réserves de quelques pays comme l'Australie, a souligné Mme Frulla.

«Les États-Unis, sous prétexte de préciser, de clarifier le texte ont introduit 27 amendements, qui en fait le rendent plus flou. Nous ne les accepterons pas. Le président Jacques Chirac, lui aussi, est ferme sur ses positions de ne pas modifier le texte, et l'a rappelé à la secrétaire d'État Condoleezza Rice», vendredi, a assuré Mme Frulla.

«Pour nous, les industries culturelles -cinéma, livres- comportent une double nature: culturelle, sociale, identitaire, mais aussi économique. Les Américains n'y voient qu'un divertissement, donc exportable, commercialisable comme tout autre produit», a-t-elle ajouté.

«Il faut soustraire ces expressions culturelles aux règles de l'OMC, pour ne pas les mettre en péril. Nous ne voulons pas que nos politiques culturelles, qui nous autorisent des quotas, ou permettent des soutiens financiers à certaines industries culturelles soient contextées», a poursuivi la ministre canadienne.

«Nous voulons avoir dans chaque pays une expression culturelle forte. Et cette expression, nous voulons la partager. Cela n'a rien à voir avec le protectionnisme», a-t-elle également affirmé.

«Les Américains assurent que la Convention mettrait en péril les droits de l'homme. Comment imaginer que la France ou le Canada le permettent?», a souligné Mme Frulla qui a qualifié d'«artificiels» les arguments américains.

«Bien sûr, nous ne fermons pas le dialogue avec les États-Unis, par exemple sur la question des droits d'auteurs, du piratage culturel et de la muséologie», a ajouté la ministre canadienne.

Agence France-Presse
Paris