Selon des experts canadiens et américains, les colons avaient alors procédé à l'enlèvement d'une coupole osseuse sur le crâne d'un des leurs décédé pour tenter d'identifier quelle sorte de maladie les faisait mourir l'un après l'autre.

Cette première autopsie confirmée a été pratiquée sur un homme, pendant l'hiver de 1604-1605, au cours duquel près de la moitié des 79 colons ont péri de malnutrition et d'exposition au froid.

Les chercheurs précisent que la coupole osseuse du crâne, découvert en 2003, avait été enlevée pour permettre de voir dans quel état le cerveau se trouvait. La coupole a ensuite été remise en place et le corps a été inhumé.

«Les médecins légistes procèdent de la même façon aujourd'hui», explique Thomas Crist, du Collège Utica de New York, qui a dirigé l'équipe d'experts qui ont effectué l'analyse des restes humains trouvés sur l'île de Sainte-Croix.

Cette découverte vient confirmer les écrits de Samuel de Champlain sur la situation difficile dans l'île. Dans ses mémoires, parus en 1613, l'explorateur français raconte avoir ordonné à son chirurgien-barbier «d'ouvrir plusieurs des hommes pour voir de quoi ils sont morts».

Selon les chercheurs, 35 colons en tout sont morts du scorbut, une maladie causée par une carence en vitamine C.

Après ce premier hiver désastreux sur l'île de Sainte-Croix, les colons survivants furent relocalisés sur un nouveau site en Nouvelle-Écosse, baptisé Port-Royal par Champlain.

Des références encore plus anciennes d'autopsies sont rapportées dans les écrits de l'explorateur Jacques Cartier dans les années 1500. Mais aucun squelette humain n'a jamais été retrouvé pour les prouver.

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