La méditation : D’ou vient elle ?

On trouve des indications évidentes de pratiques proches de la méditation qui datent de plusieurs millions d'années, époque ou elles restaient malgré tout le privilège des grands sages. Les anciennes civilisations avaient une doctrine bien particulière, à savoir que ces peuples étaient guidés par la loi divine, tout comme leur vie était gérée par des dieux et des prêtres, tel que des chamans, des devins, et des guérisseurs. On ne connaît pas vraiment les vraies pratiques de méditation chez les Égyptiens, mais nous savons que ceux ci accordaient une grande importance à l'interprétation de leurs rêves, ainsi que les présages que ceux-ci contenaient.

L'Egypte érigeait des temples appelés « sérapéums », ils leurs servaient à la divination onirique, c'est à dire qu'un individu passait la nuit dans le temple afin d'y faire un rêve prémonitoire et qui par la suite serait commenté par les prêtres. Des rituels étaient effectués la nuit précédente, ils comprenaient un jeune, un bain, et une onction avec des huiles ainsi que des prières. Les sociétés tribales qui vivent très prés de la nature et qui sont souvent tributaires du temps et des phénomènes climatiques, comme les inondations, les tempêtes de vent, les éclairs et les orages, croient en un monde de forces spirituelles très puissantes. Ils incluent donc une forme de croyance primitive ralliant des cérémonies rituelles et des danses qui provoquent des états de transes. Ils entrent dans le monde des esprits au rythme des tambours, ils ont des visions qui seront de bonnes ou de mauvais augures et qui les aideront à un moment propice de choisir ce qui est bien de faire. Cela dit, l'état de transe n'est pas comparable à l'état méditatif. Il faut pour cela des heures, voir des jours de calme et de concentration pour atteindre cet état mental. Cela sera les éléments idéaux propre à la méditation.

Le bouddhisme est la pratique la plus utilisée pour la méditation, mais une tradition hindoue vieille de plus de 3000 ans av J.-C existait déjà. Des statues ont été mises à jour pendant des fouilles archéologiques, elles représentaient souvent des dieux en position yogique. Le yoga associé à la méditation renforce les croyances car pour eux l'humanité et l'Univers ne font qu'un. Ils harmonisent le mental, le physique, et le spirituel, et ces trois éléments réunis intègrent parfaitement ce qu'ils appellent « les énergies cosmiques ». Cette méthode de concentration aurait été crée par le prince Siddhartha Gautama né au sein d'une famille hindoue vers 560 av.J.-C et qui même en ayant une vie aisée et privilégiée, ressentait une profonde insatisfaction. Il était horrifié par la mort, la maladie, et surtout la vieillesse dont chaque être est un jour confondu. Il renoncera à sa vie luxueuse, et quittera sa famille, ses amis afin de vivre comme un mendiant et vivra de charité ceci afin d'explorer les envies profondes de son esprit et rechercher la véritable connaissance des croyances de son époque. C'est dans cet exil qu'il pratique le yoga, puis il entrera dans une privation extrême. Mais sa santé se dégrade et il s'aperçoit que les privations n'amènent en rien à la réponse de la connaissance de soi. C'est à Uruvela que Gautama s'assied au pied d'un arbre « bodhi » pour méditer, et il parvient à atteindre l' « éveil » (ou la connaissance de soi). De nos jours l'arbre en question qui est une variété de figuier a prit le nom de « arbre de bouddha » ou « arbre de la sagesse ». Gautama sera appelé l' « éveillé », il se fera très vite des disciples et sa théorie se répandra pratiquement dans toute l'Asie.

Auteur : Sabine pour http://www.aquadesign.be/news/article-3970.php

Méditer en marchant

"Sans méditation, on est comme aveugle dans un monde d'une grande beauté, plein de lumières et de couleurs."

Krishnamurti


Dossier : Marcher, méditer...


L'été bat son plein. C'est un moment privilégié pour partir en vacances et très souvent pratiquer la randonnée ou plus simplement, la marche. Cette pratique a toujours été un moyen de réfléchir sur soi, car elle propose un temps de recueillement, de méditation.
Perçue comme une coupure, un retour à la nature plongeant l'homme dans un état d'ouverture et un retour à soi, la marche incite à unir et réguler corps et esprit, notamment en faisant reprendre conscience à l'homme de sa respiration.
Dans la pratique de la marche se trouve donc une certaine forme de méditation, due à la fois au silence, à la solitude et au contact avec la nature.
C'est alors dans le processus de la marche que se découvrent les mécanismes de la méditation.

Ne dit- on pas : "Je vais aller marcher histoire de m'aérer la tête" ? Cette expression souvent utilisée, exprime très simplement le lien étroit entre la marche et la méditation.

Venez donc cheminer entre ces différents ouvrages, pour en savoir plus...

Marcher, méditer, de Jacques Vigne et Michel Jourdan.
Cet ouvrage nous permet de découvrir comment la marche peut devenir une méditation active.
Dans une première partie, Michel Jourdan entraine le lecteur dans une philosophie de la marche et de son histoire, accompagnée d'une véritable psychologie de la méditation en Orient et en Occident, traitée par Jacques Vigne. Ainsi, les auteurs démontrent que philosophie du dedans et philosophie du dehors sont étroitement liées.

Marche et méditation, de Pierre Yves Brissiaud
Ce titre s'articule autour des deux même parties. Ici, le but de l'auteur est de faire découvrir que l'essentiel dans l'expérience de la marche n'est pas d'atteindre le but, mais de faire tout simplement le chemin.

Eloge du silence, de Marc de Smedt
Dans l'expérience de la marche et de la méditation, on accorde une grande place au silence. Comment définir celui-ci ? Selon l'auteur, c'est du temps perforé par les bruits. L'auteur analyse ici cette notion, son sens, sa symbolique et l'accès au silence intérieur. Dans un monde de plus en plus bruyant, la valeur du silence est à redécouvrir.

La randonnée intérieure, de Yann Serreau
Nous trouvons ici, un ouvrage un peu plus pratique. A partir de l'image de la randonnée, l'auteur propose un cheminement personnel, un parcours par étapes avec des pistes de réflexion. Accomplir librement son existence et non la subir, ainsi se résume l'objectif de ce livre.

Paroles de méditation
"Libérer l'esprit de toutes perturbations, c'est la méditation de la nature propre. Celui qui ne croit ni ne décroit est le diamant." Houei Neng
Ce petit livre est un recueil de textes et citations, choisis par marc de smedt. On y retrouve entre autres Héraclite, Maître dögen, Taisen Deshimaru, Yvan Amar, ou encore Barto Thodol.

Paroles de désert
"Au désert, la vision lucide de son néant donne à l'homme cette force qui le rend capable d'abandon." Jean Yves Leloup Un endroit propice à la marche et à la méditation, le désert. Ici, vous trouverez des textes de Saint Exupéry, Théodore Monod, le Clézio, ou encore Rimbaud.


En savoir plus
http://www.mollat.com/dossiers/marcher-mediter-359.html

La technique de méditation en marchant que je vous propose est relativement simple et d'une grande efficacité. Elle repose sur la différence entre voir (l'ensemble) et regarder (un point en particulier).
Elle consiste simplement à voir plutôt qu'à regarder. Mais il s'agit en fait d'exercer un contrôle non pas sur la vue – qui assure toujours à la fois les deux fonctions : voir et regarder – mais sur l'attention.

Cette technique consiste à élargir l'attention à l'ensemble de ce qui est perçu, donc à ce qui est vu plutôt que de la restreindre à ce qui est regardé. Autrement dit, pour employer un langage plus technique, il s'agit de dissocier l'attention de la vision restreinte assurée par la fovea centralis (et, relativement, par la macula oblongata) pour l'investir dans le champ visuel élargi, en fonction de la vision périphérique.

Je connais, pour l'avoir pratiquée, la technique inspirée du Vipassana (technique bouddhique de méditation) qui consiste, pendant la marche ralentie, à être attentif au moindre mouvement du corps. Mais j'étais à la recherche d'une technique qui permettrait, pendant la marche normale, d'apaiser le fonctionnement du mental, de favoriser la conscience du corps de même que la présence à soi.


Ce qu'il faut savoir sur la vue
Pour l'exposé qui suit, je m'inspire des notes de cours que j'ai donnés pendant plusieurs années en communication à l'Université McGill, dont certains portaient sur la perception sensorielle.

La vision se définit à trois niveaux:

La fovea: zone restreinte où la vision est la plus nette, mais de 3º à 4º seulement, qui permet de focaliser.

La macula: zone où la vision est moins nette que celle de la fovea, mais de 12º à 15º en largeur et de 15º à 18º en hauteur, et de forme ovoïde.

La vision périphérique: zone où la vision est encore moins nette, mais dont le champ est d'environ 160º à 180º.

La perception au niveau de la fovea et de la macula est assurée par les cônes qui permettent de percevoir la forme et les couleurs; alors que la perception au niveau de la vision périphérique est assurée par les bâtonnets qui permettent de percevoir le mouvement. Ce dernier point est important dans la mesure où la perception du mouvement n'est pas que visuelle mais aussi de nature spatiale, donc associée à l'expérience tactile. La vision périphérique contribue donc aussi à se percevoir dans l'environnement.
Les différents niveaux de perception visuelle font l'objet d'un collage par le cerveau, ce qui donne l'impression d'une expé-rience unifiée.

Comme on le voit, il s'agit d’une question complexe. Je ne vais retenir pour la suite de cet exposé que les informations démontrant la différence entre la perception visuelle assurée par la fovea (et la macula) – regarder – et celle qui est assurée par la vision périphérique – voir.

Afin de bien saisir cette différence, il est capital d'en faire soi-même l'expérience. Je vous suggère donc de constater

a) que la vision focalisée, assurée surtout par la fovea, est restreinte : il suffit de regarder un objet, qu'il soit proche ou éloigné, pour constater qu'on n'en perçoit avec netteté qu'une toute petite partie;

b) et qu'il est possible de prendre conscience de la vision périphérique en élargissant le champ de l'attention des deux côtés à la fois sans bouger les yeux.

Telle est, en somme, la différence entre regarder – vision restreinte et voir – vision élargie.

Et telle est, par ailleurs, la différence au niveau de l'expérience visuelle entre l'attention active – regarder; et l'attention passive – voir.

Regarder est donc associé à l'attention active; voir, à l'attention passive.

Deux expressions, en langue anglaise, rendent particulièrement bien la différence entre l'attention active: "to be conscious of", et l'attention passive: "to be aware of".

Je viens d'en faire encore une fois l'expérience. J'ai d'abord levé les yeux pour regarder une fleur qui se trouve dans un vase sur ma table de travail; puis, sans cesser de regarder cette fleur, j'ai élargi le champ de mon attention en fonction de la vision périphérique, de façon à voir d'un côté la porte et de l'autre la fenêtre, devenant ainsi conscient – mais au sens anglais de "aware" – de la totalité du champ visuel.

Méditer en marchant consiste précisément à élargir le champ de l'attention en fonction de la vision périphérique : donc, à voir plutôt qu'à regarder, passant ainsi de l'attention active à l'attention passive.


http://www.radio-canada.ca/Par4/tran/med_march.htm